L'arbre et le fruit / Jean-François Chabas


Auteur: Jean-François Chabas
Parution: 2016
Nationalité: Française
Éditions: Gallimard
Collection: Scripto
Nombre de pages: 218

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1980, Portland, Oregon.
Jewel ne comprend pas. Où est passée Maman?
Devra-t-elle rester avec Papa, maintenant?
Cette perspective lui fait peur. Mais il ne faut pas qu'Esther le sente. C'est sa petite sœur, elle doit la protéger. En fait, Maman est à l'hôpital psychiatrique. Parce que Papa lui fait du mal. Parce que Papa les terrorise.
En grandissant, Jewel comprend peu à peu qui si son père est malfaisant, d'autres personnes sur la terre méritent qu'on les aime et qu'on se batte.


Malgré sa centaine de pages, ce petit livre fait mal. Un papa qui maltraite sa famille psychologiquement et physiquement, ce n'est jamais facile à lire. Surtout depuis que j'ai ma petite fille, je suis beaucoup plus sensible à ce sujet. *parenthèse: ON* C'est d'ailleurs pour ça que je n'ai plus envie de lire de témoignages. Malheureusement, j'en ai plus d'une dizaine dans ma PAL. Eurf.... Juste à lire les titres et voir les pages couvertures me retournent l'estomac. *parenthèse: OFF* Ceci étant dit, même si ce livre est une fiction, il va droit au coeur. Je m'explique.

Nous sommes en 1980. Jewel vit dans une famille dysfonctionnelle: le père est professeur dans un établissement scolaire. Il a un bon job pourtant. Mais ça ne l'empêche pas de boire et de taper sa femme et sa fille en plus de les torturer psychologiquement. Sa maman, une ancienne nageuse, ne supporte plus les agressions de son mari et se fait interner à l'institut psychiatrique suite à un événement (que je ne vous citerai pas, évidemment!). La petite Jewel se retrouve donc seule avec sa petite sœur, Esther, qu'elle aime à la folie. En attendant que sa mère revienne à la maison, elle fera tout pour la protéger. Quelques années plus tard, la petite fille n'a plus 7 ans mais 15 et elle est assez grande maintenant pour décider de ce qui est bon pour elle et sa sœur quitte à affronter le paternel une bonne fois pour toute.

La plume de Jean-François Chabas est vraiment très belle. Par exemple, les chapitres où Jewel n'est qu'une enfant, eh bien j'aurais cru réellement entendre une fillette me parler. Son écriture est très enfantine et est remplie de la naïveté que l'on retrouve chez les petits. C'était vraiment mignon, touchant et comique. Tandis que le chapitre suivant où nous retrouvions sa mère en clinique, j'aurai cru lire le journal intime d'une femme en détresse qui souffre énormément. On ressent le mal-être, la fatigue du personnage... et puis finalement lorsque la petite fille devient grande, les mots d'enfants se métamorphosent en une vraie combattante prête à tout pour protéger la petite Esther. L'auteur a su me transporter de personnages en personnages avec brio.

Même si j'ai adoré ce livre, il y a un petit bémol. Ce livre a pour moi beaucoup de potentiel. C'est une histoire accrocheuse qui fait vivre beaucoup d'émotions au lecteur. Par contre, j'aurais préféré que le livre soit un peu plus développé. Je suis resté sur ma faim à plusieurs reprises... alors j'aurais aimer lire une centaine de pages de plus. On lit que les gros points importants dans de minuscules chapitres sans vraiment creuser dans le vif du sujet. Et c'est bien dommage car au final, il me manquait un petit quelque chose.

BREF, j'ai passé un agréable moment de lecture en compagnie de la très brave Jewel. Je n'ai accroché uniquement qu'à ce personnage puisque eh bien le père on en parle pas hein, pour moi c'est un gros NON, la maman m'a exaspéré à un point je vous raconte même pas. Esther..bah...c'est Esther. Elle n'est pas un personnage que l'on croise souvent alors je n'ai pas pu m'y attacher. Ce livre est un beau message de détermination, d'espoir et de courage. Le titre a été bien choisi. On dit souvent d'un père et son fils (par exemple) que le fruit ne tombe jamais bien loin de l'arbre si ce dernier à des ressemblances avec le parent. Nous avons affaire avec le contraire dans ce cas-ci. Ma lecture s'est bouclée d'une fin satisfaisante mais comme je l'ai mentionné plus haut, quelque pages de plus n'auraient pas faire de mal.


J'aimerais remercier les éditions Gallimard pour cette belle découverte! 

Merci pour vos commentaires! Je les lis tous!